Daniel Gueguen

Nicolas Sarkozy – qui ne doute de rien – promet un nouveau Traité avant la fin de l’année avec une méthode très « sarkozienne » consistant à imposer par le haut (quel haut ?) une réforme de l’Union esquissée en quelques lignes. Une telle option est vouée à l’échec. Pour l’avenir de Union, en réalité, il n’y a que deux options : ne rien faire tant que l’édifice ne s’écroule pas, puis rebâtir comme on pourra ; ou améliorer ce qui peut l’être à Traité constant pour créer de l’efficacité et donc de la confiance.

 
Quatre grandes réformes à engager d’urgence « à Traité constant » :


1. Rendre les processus de décision communautaires totalement transparents : ceci vaut pour les trilogues, pour les actes délégués et pour les actes d’exécution. Création d’un registre des actes délégués, réforme du Registre de la transparence, libre accès aux « documents 4 colonnes », … Il faut ici une franche rupture avec les mauvaises habitudes des dernières années.

 

2. Revenir à une gestion hiérarchique et pour tout dire autoritaire de la Commission : en terminer avec l’approche « en silos » donnant à chaque DG une autonomie inacceptable, redonner toute sa place à la procédure interservices, supprimer toutes les baronnies, les chasses –gardées et surtout ne plus tolérer les marges d’interprétation que chaque unité, voire chaque desk-officer s’autorise. Pour être concret, l’Union doit se doter d’un Code administratif, comme il en existe dans chaque Etat-membre.

 

3. Simplifier. Pas faire semblant de simplifier avec pour résultat de compliquer encore davantage (merci M. Timmermans pour la couche de complexité additionnelle qu’introduit Better regulation), mais simplifier vraiment. Simplifier le vocabulaire, simplifier les communications, éviter les exceptions, les dérogations. Revenir à des procédures standard comme avant ; former fonctionnaires et stakeholders en conséquence.

 

4. Enfin, apprendre à communiquer. Ce que rejettent massivement les peuples d’Europe ce n’est pas le concept d’Union européenne, mais le fatras bureaucratique qui nous est proposé. Jamais la Commission n’a été bonne en communication, mais aujourd’hui tous les seuils d’alarme sont dépassés. Quand on voit M. Junker, l’air las, quitter la salle de presse comme une diva vexée par une question qui dérange on se dit que ça n’est plus tolérable car c’est cela que retiennent les citoyens quand ils sont appelés à voter.

 

Les troupes défilent comme elles sont commandées. Et le Commandant en chef ne convient pas. A défaut de trouver rapidement un Delors 2.0, on ne peut imaginer qu’il soit possible de faire durablement aussi mal.

 

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