Daniel Gueguen

Trois mois après le 23 juin s’offre à nos yeux une incroyable improvisation qui perdure. Aujourd’hui on commence à peine à mesurer l’incroyable complexité des trois phases qui vont se succéder jusqu’au Brexit…

La première phase, celle du déclenchement de l’article 50 se heurte à d’innombrables questions: faut-il un vote du Parlement britannique? un vote consultatif? un vote contraignant? des élections anticipées sont-elles à envisager? comment et quand vont s’exprimer les Parlements de l’Ecosse, du Pays de Galles, de l’Irlande du Nord? Et comment dégager le cadre des négociations qu’il revient au Royaume-Uni de proposer, car il est le demandeur?

Une fois déclenché, l’article 50 débouche sur un entrelas de discussions préliminaires: au Conseil européen des Chefs d’Etat et de Gouvernement qui doit définir des «orientations», à partir desquelles la Commission formule des « recommandations », tandis qu’il appartient au Conseil des Ministres de déclencher l’ouverture des négociations et de choisir le chef négociateur et son équipe.

Reste la partie des négociations que l’on imagine pas commencer avant fin 2017. On peut la qualifier «d’enfer technique». Comment le Royaume-Uni peut-il quitter la PAC? Et pour la remplacer par quoi? Comment renégocier chaque accord commercial multilatéral à l’OMC, et chaque accord bi- ou pluri-latéral? A la Commission chacun refuse de s’exprimer – sur ordre, de toute évidence – mais aussi parce que chacun ne saurait quoi dire de pertinent.

De même qu’un grand pays ne peut quitter l’Euro, un grand pays ne peut pas quitter l’Union. C’est notre conviction.

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