Daniel Gueguen

Nous nous sommes élevés contre les déclarations de Mme Donnelly (DG ENER) selon laquelle l’opinion publique étant contre les biocarburants, il convient de s’aligner sur la vox populi, qu’importent les faits.

Le rôle de la Commission est d’agir dans l’intérêt général et donc d’informer les citoyens sur la base d’études objectives. C’est à cela que sont supposées servir les études d’impacts et les consultations.

Les études d’impact ne sont pas faites pour valider artificiellement des décisions arrêtées d’avance. Et c’est bien ce qui se passe pour les biocarburants de première génération

Pour permettre à ces biocarburants d’atteindre 7% de l’énergie totale des carburants en 2020, des industriels – souvent des coopératives – ont investi des montants considérables (8 milliards € pour le bioéthanol) qu’il convient de faire fructifier au bénéfice de l’économie circulaire et de la bioéconomie. Que nenni, la Commission sourde à tout argument entend maintenir sa proposition de réduire de 7% à 3,8% la contribution des biocarburants de première génération en 2030 !

Le motif officiel est de promouvoir les biocarburants de nouvelle génération dont on sait qu’ils ne pourront pas prendre le relai avant 2025. Pire, la rédaction inappropriée de la proposition de la Commission (connue sous le sigle « RED2 ») conduit d’une main à réduire les biocarburants de première génération et de l’autre à augmenter à proportion les carburants fossiles faute de disposer après 2020 des capacités suffisantes en biocarburants avancés.

Les associations agricoles et les filières de production se mobilisent. Mais rien n’y fait. La Commission campe sur ses positions et les ONG vertes soutiennent la DG ENER comme s’il était nécessaire de sacrifier le présent (et les 220.000 emplois qui vont avec) à un avenir lointain et incertain.

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