Daniel Gueguen

Le projet de réforme de la Comitologie offre à la Commission la possibilité de s’abriter sous le parapluie protecteur des Etats membres. On peut y voir un manque de courage de la Commission qui s’efforce de revenir au système prévalant avant l’adoption du Traité de Lisbonne et qu’elle avait appelé de ses voeux pour accroître son pouvoir d’exécution.
On peut comprendre que la Commission confrontée à des problèmes qui divisent les Etats membres et véhiculent une sensibilité sociétale souhaite être couverte par le Conseil des Ministres. Politiser les choix stratégiques de l’Union pour des sujets clivants comme les OGM, les perturbateurs endocriniens ou le glyphosate n’est pas choquant en soi à condition que la décision politique soit éclairée, pour ne pas dire guidée, par l’analyse scientifique de l’Agence pour la Sécurité des Aliments (EFSA) et de l’Agence des produits chimiques (ECHA).

Or, tel n’est pas le cas car loin de renforcer l’action des agences tout est fait pour en réduire la crédibilité et pour nier la portée de leurs analyses. A peine publiée, l’opinion de l’ECHA concluant à l’innocuité du glyphosate est dénoncée par une certaine presse et des ONG. Selon elles, l’étude de l’ECHA ignorerait des informations découvertes récemment aux USA selon lesquelles Monsanto aurait tenté de masquer le caractère potentiellement cancérigène de son produit. Et elle souffrirait d’accusations récurrentes de conflits d’intérêts dont l’industrie tirerait avantage.

Cette critique des agences est insupportable. Il importe à la Commission de les défendre publiquement et d’utiliser leurs opinions comme LA base même des décisions à prendre et non comme un élément parmi d’autres. S’il existe effectivement des conflits d’intérêts qu’elle se débarrasse des fautifs sans hésiter ou alors qu’elle rétablisse leur honneur s’ils sont accusés à tort.

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