Daniel Gueguen

L’on n’ignore pas les défaillances techniques du Parlement européen. Je parle des bâtiments de Bruxelles. Faut-il les rénover ? Les restaurer ? Les reconstruire ? Un vent favorable nous transmet une note sûrement confidentielle qui examine chacune de ces trois options et en évalue le coût.

Pour une « simple » rénovation il faudrait compter « environ » 310 millions € ; pour une restauration (avec des « nouvelles fonctionnalités limitées ») 345 millions € et +/- 380 millions € pour une démolition/reconstruction. Le sérieux de l’étude saute aux yeux ! Il n’y aurait ainsi qu’un écart de 25% entre une simple remise aux normes et un chantier majeur consistant à déconstruire près de 100.000 m2 de bureaux, à les repenser, à les reconstruire.

Les délais ne sont pas précisés. Il est, par contre indiqué, qu’il reviendra au Bureau du Parlement de se prononcer au cours du second semestre 2019 donc après les élections, … D’ici là, pas de questions gênantes, pas de vagues. Le même silence vaut pour le Musée Wiertz voisin du PE. Où en est-on de de sa captation par l’ogre parlementaire ?

Ces travaux colossaux semble-t-il inévitables soulèvent des questions qui se murmurent en privé, mais que l’on refuse d’aborder en public : s’agit-il d’utiliser Strasbourg comme relai logistique pendant les travaux pour mieux rassembler ensuite le Parlement sur un siège unique bruxellois ? Les arrières pensées sont multiples, les ambitions redoutables et les double-jeux garantis.

Sous le prétexte des travaux se cache tout simplement l’avenir du Parlement européen. Il lui est trop facile de réclamer toujours plus de bureaux, plus de budget, plus de pouvoir quand dans le même temps sa performance législative est en baisse et sa place de co-législateur menacée par la main-mise du Conseil européen sur les dossiers politiques et par l’emprise bureaucratique de la Commission sur les dossiers techniques.

De toute évidence, ces mystères du Parlement vont avoir une suite, …

Daniel Guéguen

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