Daniel Gueguen

Un nombre très significatif d’Etats de l’Union sont en crise : le Royaume-Uni avec le Brexit; l’Allemagne et ses immigrés; l’Italie, l’Espagne, la Grèce victimes d’un Schengen inabouti ; les 4 de Visegrad trop régionalistes ; la France trop française, … Faut-il quitter l’Union ? Tenir dans la tempête en espérant qu’elle se calme ? Ou changer l’Union ? Réflexions en forme de devoirs de vacances.
Le BREXIT, nous l’avons écrit mille fois c’est Gulliver et les nains. Un grand pays – la cinquième puissance mondiale – arrimé à l’Union européenne par 14.000 lois ou règlements communautaires et par 700 accords commerciaux internationaux. Soft BREXIT, hard BREXIT, saut de la falaise pour une rupture sans accord. Tout cela n’a aucun sens car le Royaume-Uni ne peut pas quitter l’Union sans un accord négocié. La seule issue à ce stade est d’élargir au-delà de 2 ans la période de négociations qui doit s’achever le 29 mars 2019. Le premier Ministre autrichien s’en est déjà fait l’écho. Accepter d’ajouter 6, 9 ou 12 mois pour donner du temps au temps revient en clair à condamner le BREXIT puisqu’il n’interviendrait qu’après les élections européennes, après la nouvelle Commission et après les futures perspectives financières. C’est-à-dire jamais !
La douloureuse question de l’immigration s’inscrit elle aussi dans une incapacité de l’Union à décider. Malgré les années de crise, de naufrages, de hot spots, de déchirements régionaux, nationaux et internationaux, Schengen n’est toujours pas en place et le recrutement de 10.000 gardes frontaliers toujours promis et jamais réalisé revient encore sur le tapis. Ne faudrait-il pas nommer un Mr Schengen comme on a nommé un Mr BREXIT en la personne de Michel Barnier pour passer des intentions aux actions ?

Le plan du Président Macron pour sécuriser l’Euro se heurte lui aussi à des obstacles en tous genres qui sont d’abord des obstacles d’ordre budgétaires. Pas de communautarisation des dettes publiques alors même que la BCE s’emploie à les racheter depuis des années ! Pas de Parlement de l’Euro comme s’il fallait créer un deuxième Parlement alors qu’il suffit de réaménager le premier ! Et toujours pas d’Europe sociale, comme si la Commission se voyait comme la gardienne passive d’un ordre ultra-libéral portant en germe sa propre disparition. Et que dire de la guerre commerciale avec une Union tétanisée par Trump dans une posture défensive et pour tout dire ridicule.

La rentrée de septembre va nous entretenir des spitzenkandidaten, ce système désastreux qui tue le leadership. Or c’est de leadership dont nous avons besoin et d’une Commission qui se réveille en comprenant que l’argent c’est un flux et pas un stock et que son monopole d’initiative législative doit reposer sur de l’audace et non sur un conservatisme confortable mais destructeur. Cette volonté de reprise en mains doit s’étendre à la gouvernance de l’Union – trop compliquée, trop opaque, trop bureaucratique – pour offrir aux britanniques une sorte de plan B et qu’à défaut de quitter l’Union ils puissent s’y sentir plus à l’aise sans perdre la face.

 

Daniel Guéguen

Author :
Print

Leave a Reply